Engagement universel pour le droit à une vie décente

Demain comme hier, trente mille personnes mourront de faim ou de malnutrition dans des conditions de dénuement atroce. Chacun de ces drames ferait un roman, un film, une poésie dont peu d'entre nous sortirions indemnes en tant que spectateur. Pour chaque récit, nous nous sentirions mal voire responsables et nous aurions raison.

C'est pourquoi nous nous engageons à verser une partie de nos revenus pour lutter contre cette absolue injustice.



Les soussignés

Considérant que:

* Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement et les soins médicaux.
* La vie en société suppose un certain nombre de droits et de devoirs. Pour exercer ses droits et ses devoirs, la vie en société suppose un certain nombre de règles de vie communes.
* Pour pouvoir respecter les règles de vie commune, les moyens des uns et des autres ne peuvent être totalement disproportionnés. La fixation de revenus minima sociaux et la limitation des revenus notamment par les prélèvements collectifs ont pour objectif de permettre la vie commune harmonieuse, plus heureuse et agréable pour tous.
* Environ 900 millions de personnes souffrent de malnutrition grave, d'un état de santé gravement déficient suite à des affections aisément guérissables, d'un manque d'eau potable et/ou d'une absence de logement de base.
* Environ 1,2 milliard de personnes disposent de ressources dépassant le double de ce qui est nécessaire pour manger et boire à sa faim, se vêtir, disposer de loisirs, se soigner, se déplacer et se loger dans des conditions matérielles considérées comme suffisantes par la majorité des citoyens.

Estiment, en termes purement éthiques, tant que la situation de misère citée subsistera, que:

* Toute personne jouissant d'un confort suffisant devrait être moralement tenue de consacrer une part importante de son revenu à la lutte contre la misère. Si ses ressources peuvent être affectées afin d'améliorer la situation des plus démunis, le revenu utilisé par un citoyen pour son bien-être ou celui de ses proches ne devrait donc pas être fortement supérieur au minimum vital.
* En termes plus simples, personne ne devrait laisser un être humain mourir de faim s'il a les moyens de l'aider et ceci même au prix de son confort personnel.

Cependant conscients que:

* La recherche du bien-être, du développement personnel et collectif, culturel, artistique et matériel, est inhérente à la nature humaine et est un facteur de développement de l'humanité.
* L'ampleur de la disproportion entre les niveaux de vie des citoyens des Etats les plus riches et ceux des citoyens des Etats les moins avancés rend socialement presque impossible et fortement déstabilisant des modifications radicales très rapides.
* L'aide aux plus démunis ne pourra donc se faire en quelques mois en abandonnant temporairement les préoccupations de bien-être et d'accomplissement des personnes ayant les plus grands revenus quand bien même ceci serait techniquement possible.

Demandent donc, tant que la situation de misère citée subsistera pour plusieurs millions de personnes, que:

* Le revenu absolument nécessaire à chaque être humain soit forfaitairement estimé à 2 € par jour par adulte et 1 € par jour par enfant (cette estimation concerne en fait le minimum absolu dans les régions où la misère est la plus grande).
* Le revenu net de chaque être humain fasse l'objet d'un prélèvement de solidarité lorsqu'il est supérieur à 10 fois le revenu minimum absolument nécessaire à tout être humain.
* Le revenu soit affecté à des projets visant à ce que les personnes ne disposant pas du minimum vital y aient dorénavant accès.

Considèrent que:

* Si plus de la moitié des habitants adultes de la planète signent la présente déclaration, celle-ci s'imposera à tout citoyen comme le droit et le devoir de vie décente pour tous.

Considérant ce qui précède comme leur devoir de citoyen, les signataires s'appliquant à eux-mêmes leurs exigences et:

* Décident à dater de leur signature de verser mensuellement et publiquement la somme qu'ils estiment due par chaque citoyen.


 
Annexes


 
1. Précisions liées au calcul des revenus pour l'ensemble des citoyens


1.1. La contribution prélevée sera de:
* 2 % de la part excédant 10 fois le revenu minimum de base (soit 2 % de la part excédant 600 € par mois ou l'équivalent dans la monnaie de l'Etat de résidence)
* 10 % de la part excédant 100 fois le revenu minimum de base
* 25 % de la part excédant 1.000 fois le revenu minimum de base
* 50 % de la part excédant 10.000 fois le revenu minimum de base

1.2. Pour le calcul du revenu net cité, les individus qui le souhaitent et qui résident au même domicile peuvent s'associer en groupes de 3 personnes âgées de 18 ans et plus. Chaque enfant mineur résidant sous le même toit est pris en compte à concurrence de 50 % de la prise en compte d'une personne adulte. Le nombre total de personnes pris en charge pour un revenu ne peut excéder 4 personnes adultes.

1.3. Pour le calcul du revenu net cité, il est tenu compte:
* des revenus professionnels après perception des impôts sur le revenu, des cotisations de sécurité sociale et de toutes taxes et charges destinées à une administration publique sauf ceux qui sont la contrepartie d'un service facultatif
* des revenus de biens mobiliers (placements, investissements,...) pour la part excédant 10.000 euros avec un minimum annuel égal à 2 % de la valeur des biens
* des revenus de biens immobiliers pour la part excédant 100.000 euros avec un minimum annuel égal à 1 % de la valeur des biens

1.4. Les montants sont calculés aux taux de change fixés par la banque nationale de l'Etat de résidence. Pour des raisons de simplicité mais aussi d'équité (à savoir favoriser dans les calculs les habitants des Etats les plus pauvres), l'option de calcul à partir de parité de pouvoir d'achat n'a pas été abordée.


2. Précisions liées au paiement des revenus pour les signataires:

 2.1. La somme est versée, au choix du signataire, au Programme Alimentaire Mondial de l'Organisation des Nations Unies, à Oxfam International ou au Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou à toute organisation qui, dans le pays de résidence du donateur, est reconnue comme organisation luttant contre la malnutrition.  Cette reconnaissance est effectuée par une des 3 organisations précitées ou par le gouvernement de l'Etat de résidence.

2.2. Les signataires peuvent, collectivement, décider d'une modification de la liste des organisations dépositaires des contributions.

2.3. Les signataires signent un ordre permanent mensuel.

2.4. Les signataires peuvent convenir d'ajouter ou de supprimer des organisations dépositaires des fonds par un vote. La modification est acquise pour autant que la majorité des votants approuve la modification et pour autant que 25 % au moins des signataires aient participé au vote.





FAQ


 
1. Pourquoi indiquer qu'environ 900 millions de personnes souffrent de la faim?

Ce chiffre ou un chiffre approchant variant entre 800 millions et un milliard de personnes est celui généralement indiqué dans les études à ce sujet. Notamment sur le site de la FAO. Un milliard de personnes est aussi le nombre de personnes généralement cité vivant avec moins d'un dollar par jour soit l'extrême pauvreté.  Ce sont les personnes pour qui l'article 25,1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme n'est pas respecté.  Leurs droits élémentaires à l'accès à la santé, à l'alimentation, au logement qui devraient être assurés par la collectivité leur est dénié.


 
2. Pourquoi indiquer que 1.200 millions de personnes disposent de ressources suffisantes?

Il s'agit d'un nombre proche du nombre de personnes :

* dont un membre de la famille proche dispose d'un véhicule individuel qu'il peut utiliser pour ses loisirs;
* disposant d'un PC notamment pour les loisirs;
* prenant des vacances en dehors de sa résidence la plupart des années durant au moins une semaine;
* dont le revenu est supérieur à environ 600 euros par mois;
* souffrant de surcharge pondérale et donc d'une alimentation trop riche.

Ces personnes disposent de 80 % à 90 % des ressources mondiales.


 
3. Pourquoi indiquer que l'obligation de solidarité s'interrompra lorsque la situation ne concernera plus que quelques millions de personnes. Des millions de personnes, n'est-ce pas également inacceptable?

Si un travail suffisant est accompli pour que le nombre de victimes de la malnutrition soit réduit à moins de 1 % de la population, l'action nécessaire pour les autres populations concernées ne sera plus principalement financière mais d'abord politique. Il s'agira le plus souvent de situations de conflits armés mais il se peut aussi que les dirigeants de certains Etats ne souhaitent pas venir en aide aux populations les plus défavorisées de leur territoire même si elles reçoivent un financement pour le faire. Par ailleurs, si le nombre de personnes souffrant de malnutrition est réduit à quelques millions de personnes, le financement des citoyens volontaires sera suffisant.


 
4. Pourquoi indiquer 2 € par jour comme minimum vital?

La somme de 2 dollars par jour est la somme citée depuis quelques années comme formant la frontière de la pauvreté (dans les pays où la grande pauvreté est fréquente). Le nombre de personnes ne disposant pas de cette somme est généralement évalué à 2 milliards de personnes alors que le nombre de personnes dans l'extrême pauvreté ne disposant même pas de quoi se nourrir est généralement évalué à 1 milliard de personnes. Dans un Etat où la grande pauvreté est actuellement fréquente, cette somme peut permettre de survivre avec un bien-être matériel très réduit mais sans malnutrition.


 
5. Je ne gagne que 800 euros par mois (environ 1.000 dollars) et je n'ai pas les moyens de payer 2 % de cette somme soit 16 euros par mois (environ 20 dollars). Voulez-vous diminuer la misère là-bas en l'aggravant ici?

La contribution concerne 2 % non pas de l'ensemble du revenu mais de la part qui excède 600 euros (environ 750 dollars). Pour une personne gagnant 800 euros, la contribution demandée est de:
* 0 % de 0 à 600 euros
* 2 % de 600 à 800 euros soit 4 euros par mois.

Cela n'est pas symbolique mais c'est beaucoup moins que pour une personne ayant des revenus plus importants.

Pour un couple avec un enfant de 7 ans gagnant ensemble 5.000 euros par mois, la contribution est de 70 euros composée comme suit:
* 0 % de 0 à 1.500 euros (((2 X 600) + (1/2 X 600))
* 2 % de 1.500 à 5.000 euros soit 70 euros.

Les seuils sont donc multipliés en fonction du nombre de membres de la famille.

Pour une personne seule gagnant 10.000 euros par mois, la contribution est de 508 euros composée comme suit:
* 0 % de 0 à 600 euros
* 2 % de 600 à 6.000 euros soit 108 euros.
* 10 % de 6.000 à 10.000 euros soit 400 euros.

Les contributions proportionnelles portent donc toujours uniquement sur les parties de revenus dépassant les planchers et non sur l'ensemble des revenus.


 
6. Pourquoi ne permettre de donations qu'à un nombre limité d'organismes?

Pour limiter les risques de détournement de fond.  Les 3 organisations citées ont des composantes ou antennes dans la plupart des Etats du monde. Les signataires peuvent également collectivement décider d'une modification de la liste des organisations dépositaires des contributions.


 
Le texte ci-dessus est un projet. Personnellement, je verse plus de 20 % de mon revenu professionnel à diverses ONG et organisations dont j'estime le travail utile.